Interview Bluescreens @ Twisted Session

Interview Bluescreens @ Twisted Session

Nous avons eu la chance de pouvoir interviewer BLUESCREENS lors de leur passage à Rennes au Foyer de l’INSA en Mars dernier à l’occasion d’une Twisted Session endiablée; l’occasion pour nous de revenir sur leur parcours atypique et leur ascension dans les charts anglais.

Vous êtes deux dans la formation, comment s’est passé la rencontre ?

C’était il y a je pense exactement 10 ans en faisant du skateboard, par le biais d’amis communs qui skataient aussi. Le courant est passé super vite, on s’est rendu compte qu’on était pas mal intéressés par les platines vyniles en tant qu’instrument de musique. On s’est mit à mixer et a scratcher assez rapidement.

Comment êtes vous passés à la production ?

Naturellement. Aussi parceque ça gratte forcément un petit peu lorsque t’écoutes les morceaux, que t’as compris comment marche la machine (les DJs, les producteurs, les labels, etc…), ça donne envie de créer ta propre musique. J’ai toujours une phrase en tête de DJ Shadow (grosse influence pour nous au tout début) qui disait : C’est la mécanique naturelle du DJ de mixer les tracks des autres, d’avoir envie de les tordre un peu (scratch & co), puis de créer ta propre musique.

Vos débuts à la prod remontent à quand ?

On est venu aux platines ya une 10 aine d’années et la production est venu assez rapidement derrière … entre un an et deux ans après les premières platines ya eu l’arrivée des ordinateurs et des logiciels MOA, etc …

Vous avez commencé par quel style ?

En fait on est venu vraiment au mix avec le “BreakBeat” en général, puisqu’on a vraiment découvert la musique électronique avec les Chemical Brothers, Propellerheads, j’ai cité DJ Shadow tout à l’heure; en fait via les vidéos de skate, même si on avait un background différent. C’est vraiment là qu’on a fait ‘OK, ce truc là ça marche’.
En ce qui concerne la prod, je crois que le jour où on s’y est vraiment mit, on était déjà tombés dans la drum n bass.

Vous produisez comment ? Home studio, instruments virtuels ?

Ouais voilà, pas de hardware. On y venu, on en est revenu, on a testé plein de choses … déjà ya pas trop de méthodologie dans la manière de produire je pense, ça s’apprend sur le tas. Alors oui on a testé les machines de l’époque (groovebox, etc…) et puis un jour tu rencontre quelqu’un qui a un ordinateur avec Reason et qui te dis “Ce truc là c’est infini !!” alors que la machine est bridée.
Aujourd’hui on produit essentiellement sans hardware : du sampling, re-sampling, une bonne paire de monitors, un ordinateur qui tourne … et la passion, la motivation !

Comment se sont déroulées vos premières sorties sur label ? Avec qui vous avez travaillé ? Quelles ont été les rencontres importantes ?

Quand tu viens du fin fond de la france (Clermont-Ferrand), ça parrait un peu loin tout ça, les labels, les gros producteurs, les DJS … La première sortie, c’était suite à une rencontre à Clermont-Ferrand, lors d’une soirée organisée par des amis à nous et sur laquelle on jouait. Crystal Clear jouait en tête d’affiche. Il ne connaissait pas du tout nos production, par contre il a pas mal aimé notre set et ce qu’on faisait sur scène. En plus j’étais un des seul à parler anglais dans la soirée donc on a pas mal sympatisé, ça aide !
Suite à ça, il nous a pas mal suivi, conseillés, écouté nos productions, dans lesquelles je pense il a vu un certain potentiel. Un an passe il monte son label Cold Blooded, et il nous a proposé de faire un single ensemble : première release !

Première sortie sur un label anglais; ça fait quoi ?

C’est dingue ! C’est une barrière qui tombe quoi. Toutes les barrières que tu te met au début en te disant : je suis français, même pas parisien, etc … Après ça tu te dit : OK, rien n’est impossible. On est en 2010, ya internet, le contact humain ça fonctionne.
Mais ouais, grosse fierté ! Surtout qu’on en a pas fait depuis, mais cette première sortie s’est faite en vynile; ça nous a touché parce qu’on a reçu l’objet par la poste en nous disant “tient ça c’est notre premier vynile !”. Il s’est bien vendu en plus à l’époque. Donc c’était chouette !

Comment s’est passé la suite ? Vous avez eu d’autres propositions de release sur d’autres labels ?

En fait on a bossé pendant une année avec eux. Il se trouve qu’on a stoppé le deal pour différentes raisons (on garde encore un bon contact). On s’est retrouvé sans label pendant quelques temps, ça a été un peu difficile, mais au final bénéfique : ça nous a permit d’avancer, de se surpasser.
On a finit par entrer en contact avec Shimon, un des fondateurs du label RAM, qui nous a énormément aidés et motivés. Parce qu’il voyait le potentiel qu’on avait, mais aussi les lacunes. C’est bien d’avoir des gens objectifs dans ces moments là. On a bossé pas mal avec lui, plus en Management par rapport à la production.
Côté calendrier, il avait énormément de releases à venir et pas trop de place pour nous. Il nous a mit en contact avec Mainframe Recordings. Ils ont tout de suite accroché et ont signé directement un EP (Assault EP) qui est sortit et a pas mal marché.

Entre temps ont a eu pas mal de releases avec un autre label américain, qu’on a rencontré via des potes producteurs. Expérience intéressante aussi, ça nous a permit de découvrir un autre monde, différent de l’Angletterre, qui reste asssez old-school, là où les ricains sont plus “supermarché de la musique”. Ya des bons et des mauvais aspects des deux côtés.

2 Sorties sur Mainframe en 2012 et 2013, puis première release sur le label de Crissy Criss. Comment vous êtes vous rencontrés ?

Là c’est pareil, on l’avait dans nos contacts via la BBC parce qu’il nous playlistait assez souvent, on a fini par sympathiser, discuter. Et pendant le laps de temps où on avait pas trop de label, il nous a dit “Je monte mon label, si vous voulez on signe un single, on se prend pas la tête on se fait plaisir”. C’était super sympa parce que Crissy c’est un mec jeune qui a une approche du truc pas trop formelle, c’était vraiment “Vous voulez faire un single ? Ok, on fait un single, ça sort la semaine prochaine.”

Comment s’est passé l’arrivée sur RAM ?

Alors RAM c’est un rêve de gosse, comme tout gamin qui se met à faire de la drum n bass et qui connait Andy C ! La rencontre est un peu aléatoire parce qu’on est rentrés en contact avec un mec qui bosse chez eux via facebook, un peu par hasard. On a discuté, on lui a envoyé des tracks… il aimait bien, rien de fou : “Ok c’est cool, continuez à m’envoyer des trucs”. C’était l’époque où on signait chez Crissy.

On est resté en contact avec lui, et fin 2012 on a joué à Toulouse avec Andy C, pile au moment de la sortie du premier EP chez Mainframe. Le soir même, on joue juste avant lui et on avait préparé une clé usb en espérant pouvoir le capter 3 minutes. Et en fait quand on s’est vus, il nous a dit “Ha mais j’ai déjà entendu parler de vous, j’ai reçu des promos à vous cet après midi, je les ai écoutées, ça le fait, etc …” : on discute, le courant passe bien.
On l’a contacté par mail quelques temps après pour lui envoyer des nouveaux tracks et le relancer, sans trop de conviction. Ca a prit un peu de temps, un gros mois, au bout duquel on reçoit un mail de Andy C en personne disant “OK, ça tue, est-ce que vous avez des plans pour ces tracks, on adore.”

Ca a donné Strike One (Part 1) et Strike One (Part 2), qui est sortit aujourd’hui (mars 2014 NDLR) sur la compil RAM et sur beatport depuis une petite semaine, classé 8 ème depuis aujourd’hui.

Comme à chaque fois, c’est le contact humain qui fait beaucoup dans le job, et derrière prouver aux gars qu’on en veut et qu’on a “le niveau”.

Pendant votre période de “creux”, vous avez plus travaillé les aspects techniques de la production. Dans quelle mesure considérez-vous que ça vous a aidé à en arriver où vous êtes aujourd’hui ?

C’est un monde où la concurrence est rude, parce qu’on est autant des artistes que des techniciens. Tu peux avoir la meilleure idée du monde, mais techniquement ça va pas passer, parce que tu l’auras pas réalisé… Peut être que ce morceau là va devenir une référence dans 10 ans, mais par rapport aux sons du moment, à la globalité de la musique électro, on va dire “ha c’est bizarre, c’est cheap” ou alors “c’est trop fort”, “ça manque de disto” : c’est pas le bon moment.

C’est un peu tout le temps la baston entre la créativité et la technicité, et c’est vrai que c’est un peu un taff d’acharné pour ça. Il suffit pas d’avoir les bonnes idées, il suffit pas d’avoir le bon son, faut trouver un juste milieu entre ces deux trucs là.

Savoir ce qui va marcher à un moment donné aussi ?

Alors est-ce que c’est pas un peu aussi ce qui abime le monde de la musique en général, le fait de dire “Ok ya ça qui a marché ya tant de temps, si je sors ça avec cette petite touche en plus, ça va le faire … “. Ou alors est-ce qu’il faut se dire “J’m’en fous de ce qui sort en ce moment, je fais ça !”.

C’est un peu ce à quoi on se heurte tout le temps : on a un peu toujours refusé de “rentrer dans le moule”. La vibe en ce moment c’est plus old-school. On aime cette vibe, on mixe beaucoup de trucs qui sonnent comme ça, un peu gentils, alors qu’à l’origine, on est les “violents” de la drum n bass. Nos grosses idoles c’est Noisia; des gens qui ont toujours tendance à aller plus loin dans le “mange tes dents”.
Forcément, on va être influencés par ce qui se passe en ce moment dans la DnB, mais en même temps si les mecs nous disent “C’est trop patate, c’est pas le moment”, c’est pas pour autant qu’on va revoir le track en mode “plus gentil, plus adulte”. On est assez peu d’accord avec ce genre de truc.

Je l’ai vu ya encore quelques minutes, un mec qui nous poste un commentaire “ouais, c’est bien, mais c’est moins couillu qu’avant, vous rentrez un peu dans le moule”. Peut-être que ce gars là à raison. Ou peut être aussi tout simplement qu’on mûrit et que les mecs qui marchent aujourd’hui sont mûrs et que forcément, en avançant, la matûrité de notre son fait qu’on arrive au niveau de ce qui se fait en ce moment. Ca peut paraître moins original du coup, mais pour nous c’est plus aboutit.

Au final, les sorties parlent d’elles même : on arrive sur un label quand même costaud, ça veut dire que notre son est mûr.

Le mot de la fin ?

régiontécartapain [rires]
Nan, le mot de la fin ? Drum and Bass forever !

Quoi de neuf pour BLUESCREENS depuis mars dernier ?

Un extrait de leur live “4 bras 4 platines” est sortit en téléchargement sur leur soundcloud peu de temps après notre rencontre:

Ils ont également signé un remix de Astronaut & Eyes sur le label Monstercat, sortit début septembre :

Suivez leur actu depuis facebook : https://www.facebook.com/Bluescreens
Soundcloud : https://soundcloud.com/bluescreens

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diggyland
Ecrit par diggyland

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